sylvain thévoz

25/11/2011

Kit culturel éculé

IMG_0547.JPGNous ne sommes plus que dans le monde des différences.  Qu’est-ce qui nous permet de faire encore « nous », de construire une communauté au coeur des différences ? Une Culture qui nous construit, se renouvelle tout comme elle est renouvelée par celles et ceux qui la portent, en sont portés ? Dans cette communauté, peut-on rêver construire encore de la Culture, qui ne soit pas un bien de consommation ou une pièce détachée, mais une brique signifiante sur laquelle s’appuyer, faire relation ?


Car, enfin, au-delà d’une culture-cosmétique, petit c, et bien en vogue / consommation, ou alors en pièces archéologiques qui répètent silencieusement : « vous ne construirez pas sur nos ruines car même nos ruines ont été rasées » ; « vous ne construirez pas avec les armures du MAH ou les lances du MEG, notre kit culturel est éculé. S’il n’est pas renouvelé pour la communauté d’aujourd’hui, ce sont des témoins révolus ». Oui, même nos ruines on les a digitalisées, pour faire de la mémoire une prothèse, un site googelisé. Mais pour qui ?

On ne construira rien sur les ruines mais dans l’horizontalité, au ras du bitume, avec les concierges, les rêveurs, les banquiers, ouvriers, philosophes, par en bas, dans l’inter-génération, l’inter-culturalité, dans l’échange. Car enfin, que voulons-nous, une Culture de la vulnérabilité et du lien ou une culture pour les riches, aspetisée ? Une culture grasse pour ceux qui ont déjà les codes, les références, et le label ou une Culture qui fasse sens, par capillarité, un ferment qui permette au corps social d’être innervé ? Les deux ? Oui, les deux... 

Mais maintenant, pouvons-nous encore produire une contre-culture de la fragilité face au totalitarisme de la force et de l’abêtissement généralisé LOL hihihihih LOL? Co-créer une Culture populaire ou faut-il en laisser le soin aux professionnels, aux pros du marketing d’établir les codes ? Avons-nous une autre vision que celle d’osciller entre divertissement et hermétisme, élitisme ou mutisme ? Pour dépasser la parole de René Char (notre héritage n’est précédé d’aucun testament), il faudra l’écrire.

Rédiger. Acte politique.

12:37 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : culture, classe, musées, communauté | |  Facebook |  Imprimer | | |

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