sylvain thévoz

17/09/2011

Mon banquier m'a tuer

15 septembre, l'UBS annonce par un bref communiqué que la première banque suisse a subi un préjudice de 2 milliards de dollars. Un trader actif dans les produits dérivés, Kweku Adoboli, est soupçonné de fraude par abus de position. Il est arrêté à Londres. Voilà qui efface d'un coup le 1.8 milliards de bénéfice que la banque espérait réaliser avec la suppression des 3'500 emplois annoncés en août. 3500 emplois sacrifiés donc pour... rien. Qui donc a dit que les "too big too fall" que sont CS et UBS créaient de la richesse et de l'emploi? Elles en créent autant qu'elles en détruisent!  Nul développement durable donc, incertitudes répétées que leurs activités engendrent, coût humain exhorbitant. La fragilité de ces colosses au pied d'argile les expose à toutes sortes de dangers, et par ricochet l'économie suisse, genevoise, toute entière.


Pourtant, à Genève, la droite à une réaction surprenante face à ces nouvelles. Par l'entremise, entre autre de Michel Chevrolet (PDC), lors de la présentation du budget 2012, elle défend la suppression de la taxe professionnelle (120 mio de recettes en moins pour la ville de Genève!) et des baisses d'impôts, afin de favoriser certes les entreprises, mais surtout, les....BANQUES (sic).

Cette volonté de réduire le budget de la Ville au forceps, pour permettre aux entreprises privées de moins contribuer à la communauté où elles sont implantées est un facteur d'aggravation d'injustices sociales. Ces entreprises, si elles ont un impact positif sur la qualité de vie à Genève, ont aussi une responsabilité directe sur les hausses de loyers et le coût des logements, l'augmentation du traffic; la course à la vie chère. Il ne s'agit pas seulement de faire de Genève une place financière attractive, mais aussi de la faire payer à ceux qui en profitent; non de leur offrir des ponts d'or. Il y va, là encore, d'une question de justice sociale.

Un deuxième argument de la droite pour défendre son projet de baisses d'impôts est de reprocher au budget de la Ville d'être gros d'excédents, et d'ainsi permettre de rembourser la dette. Mais quel mal il y a-t-il à rembouser une dette, et surtout de le faire en exigeant aux gros contributeurs de la place leur participation!? Est-ce vraiment aux petits contributeurs, encore et encore, de gratter chaque sou pour le faire? On sait à qui profitent les baisses d'impôts: aux gros. Faut-il vraiment engraisser ces entreprises mamouths quand on voit (exemple UBS) combien ces structures à risque font porter le risque de leur obésité à d'autres?

Le moto de Nicolas Sarkozy était de  travailler plus pour gagner plus. Il a échoué.

Celui de la droite genevoise vise à faire payer au citoyen toujours autant pour moins de prestations. Refusons ce régime

10:00 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : impôts, finances, justice sociale, politique. | |  Facebook |  Imprimer | | |

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