sylvain thévoz

09/09/2011

Le travail c'est la santé, à condition d'y survivre!

"Le travail c'est la santé... à condition d'y survivre." Cette boutade échangée à la cafétéria ferait sourire si, tout comme les plaisanteries russes sous le communisme elle ne marquait une ironie et une résistance face à une situation de violence et d'oppressions dans le monde du travail et de la rentabilisation maximale qui "broient l'humain" Pour preuve, ce regard curieux jeté dans les pages Carrières du Temps.


Pour sûr, on ne reprochera pas au Temps d'être un journal contestataire. Pourtant, à l'heure du café, petite tachycardie, de voir que dans ses page Carrières du vendredi 9 septembre, les titres relevant la dureté du monde du travail et de ses aspects pathogènes se succèdent :  "Un quart des salariés souffrent de troubles psychiques selon l'OFAS (Office fédéral des assurances sociales)! "Stress au travail, en dix ans la part des salariés surmenés a augmenté de 7%!" "en 2010, 34,4% de personnes souffrent de stress chronique contre 26,6% en 2000" On tourne la page, vite, mais le stress, à la suivante nous re-saisit:  "Les ados victimes de burn-out!" "Les pays qui connaissent une compétitivité importante sont particulièrement touchés" Diantre, si j'avais acheté mon journal pour y trouver un nouvel emploi voilà qui me ferait presque douter du bien fondé de tourner les pages. Le travail, un facteur d'épanouissement? On en est loin. Comme cette amie travaillant dans une banque de la place me le rappelait récemment: "là où je bosse, c'est une machine à broyer l'humain! Un de cassé, zéro de remplacé!" "Au suivant" comme chantait Brel.... Et l’on ne parle bien entendu pas là du sacrifice demandé aux employé-e-s afin de faire face au franc fort. Sacrifice, immolation, renoncement. Le judéo-christianisme sado-masochiste liant capital et protestantisme semble avoir de beaux restes dans notre Genève calviniste ! Les offres d'emplois du cahier Carrières ne sont certes pas pléthoriques, mais elles fournissent des cartouches pour les Robocop ou Wonderwoman, qui se sentent paré-e-s à aller au casse-pipe. Il faut bien vivre n'est-ce pas ! Se succèdent donc des proposition (toutes à 100% clair) pour un-e : reponsable de comptabilité financière, responsable de filiale, juriste. Ayant bien médité ce supplément du Temps, réfléchit au dopage dans l'entreprise, la seule offre, au final, qui me semble assurer une bonne sécurité de l'emploi et un bon approvisionnement pour le tenir sera définitivement, page 12, celle de la clinique Schlössli d'engager un Chefärtzin / Chefarzt (100%) en Alterspsychiatrie. A condition, bien évidemment, de résister au risque d'overdose! Ce n'est pas pour demain que les médecins psychiatries seront au chômage.

15:27 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : santé, travail, capital. | |  Facebook |  Imprimer | | |

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