sylvain thévoz

10/02/2011

Faire sauter le coffre des dictateurs.


Solidaire et responsable des luttes en cours dans les pays sous dictature.


Le courage et l'héroïsme des peuples Tunisiens et Egyptiens nous élève et nous rend responsable. Nous dénonçons la 'real politik' et l’attentisme qui conduit aujourd’hui au pourrissement en Egypte place Tahrir pour cause d'atermoiements. Moubarak, comme Ben Ali, doit quitter le pays comme son peuple le réclame et la Suisse user de son influence internationale pour l’y pousser. Il y avait avant une guerre invisible, il y a maintenant un conflit remarquable, pourtant rien n'a encore changé. Le maintien du président Moubarak n’est pas nécessaire à la poursuite d’un processus de réforme ; au contraire, il l’entrave et y jette un soupçon intenable. Condamner les violences, par conséquence, ce serait en quelque sorte valider un système de dictature silencieux qui tue et opprime. Il ne faut pas condamner les violences en cours, mais bien la complicité des voix qui appellent à leur fin sans un véritable retrait du tyran. Comme l’écrit Naguib Mahfouz, prix Nobel egyptien de littérature: "Pourquoi s'obstiner à dénoncer nos craintes et nos angoisses? Ne pourrait-on pas oublier l'avenir? - Et pourquoi donc? Serais-tu par hasard un adversaire de la paix et de la stabilité? - Lorsque l'on a la corde au cou, quoi de plus naturel que de redouter la stabilité?" Dans les temps de changement, le retour à l’identique n’est plus possible. Revenir à « comme c’était avant » est une mauvaise utopie, conservatrice. Il faut maintenant aller à « comme ce sera après ». Les gouvernances européennes et la Suisse ne semblent pourtant pas en avoir pleinement pris conscience et jouent, par manque de courage, un jeu dangereux et anti-démocratique.

 

Des partis de Gauche, à Genève, fidèles à l’histoire de leurs partis, née des luttes sociales et d’un engagement auprès des opprimés, témoignent de leurs sympathies et de leurs soutiens aux côtés des Tunisiens, Egyptiens de Genève et d’aileurs. Ils se rendent solidaires de leur lutte, en manifestant, en mobilisant. Ces partis, dans un souci de cohérence, ici, ailleurs, appuient toutes les propositions destinées à l’amélioration du sort des peuples. Il faut saluer l’enthousiasme avec lequel les rues de Genève se sont emplies ces dernières semaines de cris de joie et d’appel à la poursuite des processus démocratique en cours.


Aujourd’hui, en Egypte, la liberté de presse est totalement menacée par le régime, de nombreux journalistes occidentaux ont subi des violences par la police secrète. Nous avons tous vu les images de violences, les voyous payés par des hommes d'affaires proches du gouvernement attaquer les manifestants. Les criminels que la police a relaché de prisons ont effectué des ratonades. Les journalistes égyptiens ont aussi payé au prix fort la répression. La révolution en cours a déjà réalisé certaines victoires, mais il y a tant de choses à faire encore. L’Egypte, pour cela, a besoin du soutien de tous, toutes. Il est important de continuer à manifester pour soutenir la cause du peuple égyptien et celles de tous les peuples opprimés dans le monde. La liberté de témoigner.

 

Nous voyons dans ces révolte des révoltes puissantes, signe que les temps changent. La base des révoltes egyptiennes comme tunisiennes sont laïques, communistes et socialistes. Les frères musulmans ont rejoint les manifestations, mais ils n’en représentent qu'une partie parmi beaucoup d'autres. La tentation de peindre le diable sur la muraille en jouant, comme le dictateur le fait, sa carte personnelle contre celle de l’islamisme ou du chaos est une manipulation crasse. Voilà trop longtemps que la Suisse et les pays Européens acceptent ce poker menteur et offrent du crédit à ce macabre casino. Depuis 2004, le peuple est en lutte contre un capitalisme sauvage qui a fait de 40% du peuple une population pauvre. Sur la place Tahrir (libération) des gens luttent et meurent pour une révolution qui est malgré tout, et toutes proportion gardées, aussi la nôtre. Parce que les gains sociaux ne s’obtiennent que suite à la lutte. Parce que se taire, c’est se rendre complice des régimes tyranniques et être agents de compromissions.


Aujourd’hui, en Egypte, la situation semble bloquée. Rien n'est encore assuré. Le pouvoir veut gagner du temps, demande que les manifestations s'arrêtent pour commencer à négocier. Evidemment, personne n'a confiance dans ces paroles. Mais puisque le Parlement est toujours là, il semble aisé de changer immédiatement quelques articles dans la Constitution lorsque le dictateur sera renversé. La transition serait alors assurée par de grandes figures, comme Baradei ou Amr Moussa. Aujourd’hui, le peuple egyptien a vraiment besoin d'un soutien de l'extérieur qui lui fait défaut, afin d’en terminer non seulement avec son géolier mais surtout avec le système qui l'a entretenu. Nous répondons à cet appel et nous engageons à lutter pour que les luttes sociales, ici, avec les moyens qui sont les notres, aboutissent à un monde plus juste.

19:43 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : egypte, justice sociale., révolution | |  Facebook |  Imprimer | | |

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